Un argument fréquent consiste à prétendre qu’une batterie peut générer des revenus réguliers même en hiver, en dehors de toute production solaire, en se chargeant la nuit sur les heures creuses pour alimenter la maison pendant les heures pleines.
Ce calcul d’arbitrage omet systématiquement les lois de la physique : la conversion du courant alternatif en continu, le stockage chimique et la conversion inverse dissipent entre 10 % et 15 % de l’énergie sous forme de chaleur.
Pour restituer 1 kWh utile en heures pleines, la batterie doit prélever 1 / 0,90 = 1,11 kWh sur le réseau pendant les heures creuses.
| Paramètre | Formule de calcul | Montant |
|---|---|---|
| Prix du kWh vendu (HP économisé) | Tarif HP réseau évité | +0,2142 € |
| Prix du kWh acheté (HC réseau consommé) | 1,11 kWh prélevé × 0,1589 € | -0,1764 € |
| Marge brute d’arbitrage par kWh | HP - (HC / rendement) | +0,0378 € / kWh |
| Gain annuel (batterie 10 kWh, 300 cycles) | 10 kWh × 300 cycles × 0,0378 € | 113,40 € / an |
Calcul réalisé avec un rendement aller-retour de 90 % sur les tarifs officiels EDF au 1er août 2026.
Le verdict de l’arbitrage
Gagner 113 € par an sur un équipement coûtant 7 000 € représente un rendement brut d’à peine 1,6 % par an, sans compter le vieillissement prématuré des cellules qui subissent deux cycles quotidiens au lieu d’un seul.
L’arbitrage HP/HC pur sur le tarif réglementé ordinaire ne paie pas sa batterie. Seule une amplitude tarifaire exceptionnelle (comme celle de Tempo avec 56 centimes d’écart) permet de couvrir l’amortissement du matériel.
Moteur d’évaluation Aperture France (arbitrage_value), validé sur les grilles tarifaires de la CRE.